Politique

Pourquoi tant d’Allemands votent-ils pour l’AfD ?

Le 23 mars 2026, l’Alternative für Deutschland (AfD) a réalisé son meilleur score jamais enregistré dans un Land de l’Allemagne de l’Ouest : environ 20 % des voix en Rhénanie-Palatinat. Deux semaines plus tôt, le parti avait déjà créé la surprise en obtenant 18,8 % au Bade-Wurtemberg, l’une des régions les plus prospères d’Europe. Près de 37 % des ouvriers y auraient voté AfD, et quelque 200 000 anciens abstentionnistes se seraient tournés vers le parti. Longtemps cantonnée à ses bastions de l’ex-RDA, l’AfD ne peut donc plus être considérée comme un phénomène purement est-allemand. Mais comment en est-on arrivé là ? C’est exactement la question que pose la journaliste Sally Lisa Starken dans Zu Besuch am rechten Rand – Warum Menschen AfD wählen (Heyne, 2025). Pour y répondre, elle a parcouru toute l’Allemagne, visité des meetings de l’AfD, parlé avec des électeurs et interrogé des chercheurs.

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Enseignement

Sept mythes qui « empoisonnent » l’école

Dans Sept contre-vérités sur l’éducation (Librairie des écoles, 2017), l’enseignante britannique Daisy Christodoulou remet en questions sept croyances bien ancrées dans le monde éducatif. Son constat : les pratiques les plus célébrées par les institutions pédagogiques vont à l’encontre de ce que la science nous apprend sur le fonctionnement du cerveau. Le résultat ? Les élèves les plus défavorisés sont les premières victimes de ces pratiques.

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Enseignement

École numérique : où est le débat ?

En tant que professeur de langues, j’observe depuis des années la numérisation progressive de l’enseignement : installation de projecteurs et d’ordinateurs dans les classes, multiplication des formations aux outils numériques pour concevoir exercices et évaluations. Je reconnais volontiers qu’il est nécessaire de former les élèves au numérique dans une société où la technologie est omniprésente. Dans ma discipline, je trouve même pratique de pouvoir montrer des vidéos YouTube en classe pour travailler la compréhension à l’audition ou découvrir des aspects culturels des pays des langues étudiées. Pourtant, cette évolution me questionne. Avons-nous vraiment pris le temps de débattre collectivement des enjeux de cette transformation ?

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Philosophie

Orwell et la défense de la vérité objective

En regardant le débat « Vérité : Vivons-nous un moment orwellien ? » diffusé dans l’émission C Politique le 7 décembre 2025, j’ai repensé à l’essai de James Conant consacré à la pensée de George Orwell : Orwell ou le pouvoir de la vérité (Agone, 2012). Le philosophe américain y développe une lecture originale et puissante de l’œuvre orwellienne. Contre une certaine tradition intellectuelle de gauche incarnée par des penseurs comme Richard Rorty ou Michel Foucault, qui considèrent le concept de vérité objective comme dépassé, dogmatique voire réactionnaire, Conant montre que la force d’Orwell réside précisément dans sa défense acharnée de ce concept. Plus radicalement encore, il démontre qu’Orwell a placé au fondement de sa critique du totalitarisme non pas le concept de liberté, comme on pourrait s’y attendre, mais celui de vérité.

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psychologie

Pourquoi nous ne voyons pas le monde de la même façon : les types psychologiques de Jung

Carl Gustav Jung, psychiatre suisse et fondateur de la psychologie analytique, est l’un des penseurs majeurs de la psychologie du XXᵉ siècle, même s’il reste souvent décrié. Dans Types psychologiques (réédité aux éditions Georg, 2021), il s’attaque à un problème concret : pourquoi des individus intelligents et de bonne foi se heurtent-ils durablement, se montrant ainsi incapables de se comprendre malgré leurs efforts ? Pourquoi certains désaccords – intellectuels, moraux, politiques – résistent-ils à toute argumentation rationnelle ? La réponse de Jung est radicale : ces conflits ne relèvent ni de l’ignorance ni de la mauvaise volonté, mais de structures psychiques incompatibles. Nous ne percevons pas, ne jugeons pas et ne pensons pas le monde de la même manière. L’enjeu de l’ouvrage n’est donc pas de classer les personnes dans des catégories figées, mais de cartographier ces différences structurelles pour mieux les comprendre, les gérer et, peut-être, dépasser certaines oppositions stériles.

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Philosophie

Le paradoxe tragique de la conscience humaine

Dans Le Dernier Messie (Allia, 2023), un essai aussi court que fulgurant publié pour la première fois en 1933, le philosophe norvégien Peter Wessel Zapffe propose une vision radicale de la condition humaine. Selon lui, l’être humain n’est pas le sommet de l’évolution, mais un « paradoxe biologique », une espèce dont l’intelligence est devenue un fardeau insupportable.

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Enseignement

Légendes pédagogiques : pour une éducation fondée sur les preuves

Dans Légendes pédagogiques (Les Éditions Poètes de brousse/Normand Baillargeon, 2013), le philosophe et professeur québécois Normand Baillargeon critique une série de croyances infondées qui traversent le monde éducatif. Ces « légendes pédagogiques », qu’il compare aux légendes urbaines, sont des idées massivement diffusées et présentées comme allant de soi ou comme scientifiquement validées, alors qu’elles manquent de fondements empiriques solides ou de cohérence conceptuelle. Ces croyances, qui sont souvent généreuses dans leurs intentions, demeurent néanmoins fausses et parfois dommageables. L’ouvrage vise les enseignants, les parents et les formateurs en les appelant à développer une vigilance intellectuelle face à des discours pédagogiques certes séduisants, mais trompeurs.

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psychologie

L’homme face au vertige de sa finitude

Ernest Becker, anthropologue et psychologue américain, développe dans The Denial of Death (Free Press, 1973) une théorie ambitieuse des motivations humaines, à la croisée de la psychanalyse, de la philosophie existentielle et de l’anthropologie. Ce livre, récompensé à titre posthume par le prix Pulitzer de l’essai en 1974, reste à ce jour non traduit en français. Il constitue pourtant une contribution majeure à la compréhension des mécanismes psychiques qui gouvernent nos vies individuelles et collectives.

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Philosophie

Henri Laborit contre les dieux et l’illusion de liberté

Médecin, biologiste et neurophysiologiste français, connu pour ses travaux sur le comportement humain, l’agressivité et les mécanismes de domination sociale, Henri Laborit fut l’invité de l’émission Noms de Dieux en mars 1993. Lors de cet entretien diffusé par la télévision publique belge francophone, il développa un propos radical, à la fois scientifique, philosophique et profondément iconoclaste. Fidèle à sa démarche de biologiste du comportement, il s’attaquait aux grandes notions qui structurent les sociétés humaines – Dieu, la liberté, l’amour, la morale, la propriété – afin d’en montrer le caractère largement illusoire, dangereux ou mystificateur lorsqu’elles sont prises au pied de la lettre.

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Philosophie

Le transhumanisme, ou la tentation intégriste du progrès

Dans Le transhumanisme est un intégrisme (Les éditions du Cerf, 2016), l’écrivain français Mathieu Terence livre une charge polémique contre le transhumanisme, qu’il analyse non comme une simple perspective technoscientifique, mais comme une idéologie totalisante, porteuse d’une vision du monde cohérente, normative et profondément politique. Sous couvert de progrès, cette doctrine prône l’usage des sciences et des technologies – biotechnologies, neurosciences, intelligence artificielle, génétique – pour « améliorer » l’homme, augmenter ses capacités physiques et mentales, repousser le vieillissement et, à terme, abolir la mort. Mais pour Terence, cette promesse n’a rien de neutre : elle relève d’un scientisme intégral, qui entend s’imposer jusqu’« au cœur de ce qui configure l’humain », c’est-à-dire les neurones et les gènes.

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