Sociologie

La révolte consommée : la contre-culture nourrit-elle ce qu’elle prétend combattre ?

Dans La Révolte consommée. Le mythe de la contre-culture (Éditions du Trécarré, 2005), Joseph Heath et Andrew Potter s’attaquent à une croyance centrale de la gauche contemporaine : l’idée que la transgression culturelle, la marginalité et le refus des normes constitueraient une force de subversion du capitalisme. Leur thèse est radicale et dérangeante : loin d’être une menace, la contre-culture est l’un des moteurs historiques les plus efficaces de la société de consommation.

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Sociologie

Comment expliquer le phénomène des conversions religieuses en Occident ?

Au début des années 2010, plusieurs de mes connaissances se sont converties à l’islam. Cela m’avait profondément surpris à l’époque. Ces jeunes Bruxellois, issus de familles belges de culture catholique mais peu pratiquantes, semblaient jusque-là éloignés de toute forme de religiosité, comme c’est souvent le cas dans notre société sécularisée. Certains s’étaient convertis pour pouvoir épouser leur compagne musulmane. Mais d’autres, plus intrigants à mes yeux, étaient animés d’une quête de sens. L’islam leur apparaissait comme une voie claire, exigeante, structurante – bien plus que le christianisme flou ou tiède qu’ils avaient entrevu dans leur enfance. Ils y voyaient aussi un rempart solide face au vide spirituel et moral de la société de consommation. Pour mieux comprendre ce phénomène, j’ai donc lu le petit livre du sociologue Henri Lasserre, Le phénomène des conversions religieuses : vers une re-construction de soi ? (ESF, 2016), qui analyse précisément ces trajectoires de conversion.

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Politique

Pourquoi une partie de la jeunesse devient-elle conservatrice ?

Depuis la révolte de Mai 68, la jeunesse a été synonyme de progrès et d’ouverture. Ce n’est plus aussi vrai aujourd’hui. Pour la première fois dans l’histoire contemporaine, plusieurs études et sondages montrent que les jeunes générations se révèlent moins progressistes que leurs aînées. En Europe comme aux États-Unis, une partie croissante des 18-30 ans exprime en effet des positions plus conservatrices, voire plus autoritaires, sur des sujets comme l’immigration, la démocratie ou les droits des minorités. Le groupe punk Bad Religion avait déjà pressenti ce glissement dans un morceau au titre provocateur et aux paroles satiriques, The Kids Are Alt-Right – littéralement « Les gamins sont d’extrême droite » – paru en 2018.

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